La huerta de Valence : ce que c'est, la loi et si on peut y vivre
La huerta de Valence est l'espace agricole périurbain qui entoure la ville, environ 23 000 hectares dans sa définition stricte selon la chaire universitaire Horta-Valencia de l'Université de Valence, reconnu Système du Patrimoine Agricole Mondial par la FAO depuis 2019. On peut y vivre, mais de façon très encadrée par la loi : parcelle minimale d'un hectare, surface constructible plafonnée à 2 % du terrain, et interdiction d'agrandir les habitations existantes, sauf exceptions introduites par décret en 2025.
En bref, qu'est-ce qu'il faut retenir sur la huerta ?
La huerta historique couvre environ 23 000 hectares sur 40 communes ; en comptant la zone élargie, la surface atteint près de 63 000 hectares, selon le Consell de l'Horta de València. Elle est reconnue Système du Patrimoine Agricole Mondial par la FAO depuis 2019 et compte environ 6 000 exploitations, souvent de moins d'un hectare. Le Tribunal de las Aguas, qui règle les conflits d'irrigation depuis l'époque islamique, est classé patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco depuis 2009. La loi de protection de 2018 a été modifiée par un décret-loi du 4 février 2025, validé par les Corts Valencianes le 20 février 2025, qui a supprimé le Consell de l'Horta et ouvert des exceptions à la construction. La DANA du 29 octobre 2024 a touché 21 137 hectares de cultures, pour environ 1 380 millions d'euros de dégâts agricoles, selon la presse valencienne. Il ne reste que 58 barracas traditionnelles debout en 2026, contre près de 2 000 recensées au cadastre de 1929, selon Cope.
| Repère | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Superficie de la huerta historique | Environ 23 000 hectares, 40 communes | Consell de l'Horta de València |
| Superficie de la huerta élargie | Près de 63 000 hectares, 44 communes | Consell de l'Horta de València |
| Ancienneté | Environ 1 200 ans | UNRIC |
| Reconnaissance FAO | Système du Patrimoine Agricole Mondial depuis 2019 | FAO / Université de Valence |
| Nombre d'exploitations | Environ 6 000, majoritairement de moins d'un hectare | Université de Valence |
Qu'est-ce que la huerta de Valence, concrètement ?
La huerta est un paysage agricole irrigué vieux d'environ 1 200 ans, né avec la conquête musulmane au haut Moyen Âge, qui a bâti un réseau dense de canaux d'irrigation (acequias) et de barrages (azudes) autour de Valence, selon l'UNRIC et la chaire Horta-Valencia de l'Université de Valence. Une partie de ce réseau était alimentée par le Turia, dont l'ancien lit traversant la ville est aujourd'hui le Jardin du Turia. Sa définition varie selon le périmètre retenu : la zone historique irriguée par le Tribunal de las Aguas et l'Acequia Real de Moncada couvre environ 23 000 hectares sur 40 communes, tandis qu'une définition élargie à 44 communes porte la surface à près de 63 000 hectares.
Le paysage se caractérise par un maillage serré de canaux, de chemins ruraux et de bâtiments traditionnels comme les alquerías et les barracas. Environ 80 % de la surface cultivée est consacrée aux arbres fruitiers, surtout les agrumes, le reste à une cinquantaine de légumes différents, selon l'Université de Valence. Au sud, la huerta se fond dans les rizières de l'Albufera, dont on rejoint facilement les couchers de soleil sur le lac.
Parmi ces cultures, la chufa autour d'Alboraya et Almàssera , à l'origine de l'orxata, reste l'une des plus emblématiques, même si elle occupe une surface bien plus modeste que les agrumes.
Comment fonctionne le Tribunal de las Aguas, la plus ancienne institution de justice d'Europe encore active ?
Le Tribunal de las Aguas de la Vega de Valencia règle depuis des siècles les conflits liés à l'usage de l'eau et des canaux d'irrigation entre agriculteurs de la huerta. Il est composé de huit syndics, élus démocratiquement par les communautés d'irrigants qu'ils représentent (Tormos, Rascaña et Mestalla sur la rive nord du Turia ; Quart, Benàger-Faitanar, Favara, Mislata et Rovella sur la rive sud). Chaque syndic doit lui-même être agriculteur et propriétaire cultivant directement ses terres, selon la Generalitat Valenciana.
Chaque jeudi à midi, les huit syndics se réunissent devant la Porte des Apôtres de la cathédrale de Valence , vêtus de la blouse noire traditionnelle des paysans, pour trancher les litiges par une procédure orale, rapide et publique. L'institution a été déclarée patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco en 2009, aux côtés du Conseil des Hommes Bons de la huerta de Murcie.
Quelle protection légale a la huerta, et pourquoi cette loi est-elle contestée en 2026 ?
La huerta est protégée depuis 2018 par la loi 5/2018 de la Generalitat Valenciana, adoptée après une forte mobilisation citoyenne, qui visait à préserver, restaurer et redynamiser la huerta pour ses valeurs agricoles, environnementales, paysagères, architecturales et culturelles. Cette loi protégeait, selon les calculs faits au moment de son adoption, jusqu'à 11 000 hectares de terres agricoles, et avait créé un organe de gouvernance dédié, le Consell de l'Horta.
Le 4 février 2025, le Consell (gouvernement régional, alors dirigé par le Partido Popular) a approuvé un décret-loi modifiant cette loi 5/2018 et le plan d'aménagement territorial de la huerta, texte validé par les Corts Valencianes le 20 février 2025. Cette réforme supprime le Consell de l'Horta, centralise la gestion des autorisations au niveau régional pour accélérer les démarches, et ouvre des exceptions à l'interdiction de construire sur certains terrains protégés, selon le Diario Oficial de la Generalitat Valenciana et Valencia Plaza. Le gouvernement valencien justifie ces changements par l'urgence sociale et économique liée à la crise du logement et aux dégâts de la DANA d'octobre 2024, selon Valencia News.
Le collectif Per l'Horta et une partie de l'opposition contestent cette réforme, estimant que l'urbanisation de la huerta ne répond ni à un besoin démographique (la ville de Valence aurait perdu environ 30 000 habitants en cinq ans, selon Per l'Horta) ni à une urgence de logement neuf, alors que la ville compterait environ 60 000 logements vides. Des manifestations ont réclamé la suspension de cette révision, qualifiée de risque d'urbanisation incontrôlée, selon Valencia Plaza. En parallèle, la mairie de Valence a engagé la révision du Plan General d'urbanisme de 1988, ce qui alimente les mêmes tensions autour de la constructibilité de zones aujourd'hui protégées.
Quel a été l'impact de la DANA d'octobre 2024 sur la huerta ?
La DANA du 29 octobre 2024, qui a fait au moins 104 morts dans la région de Valence et dans le sud de l'Espagne, a durement frappé l'agriculture périurbaine. Selon les données agricoles citées par la presse, 21 137 hectares de cultures en attente de récolte ont été touchés, dont 15 908 hectares d'agrumes, 3 327 hectares de kakis, 1 149 hectares de légumes, 603 hectares de plantes ornementales et pépinières, et 150 hectares d'avocats. Dans certaines exploitations de la huerta, les pertes de récolte ont atteint 100 %, selon El Independiente.
Le secteur agricole évalue les dégâts totaux à environ 1 380 millions d'euros, avec, selon les mêmes sources, 70 % des agriculteurs sans accès aux aides un an après la catastrophe. Au-delà des récoltes perdues, des vergers entièrement inondés sont morts par la suite, et les canaux d'irrigation, chemins et murets de la huerta ont subi des dégâts durables. Cette catastrophe est explicitement citée par le gouvernement valencien parmi les raisons de la réforme de la loi de la huerta en 2025.
Peut-on vivre dans la huerta de Valence, et que dit la loi sur la construction ?
Oui, mais de façon très encadrée, et il est presque impossible d'y bâtir une habitation neuve en zone protégée. La loi valencienne sur l'aménagement du territoire (loi 5/2014) autorise en principe le logement en sol rural non urbanisable, mais laisse chaque commune fixer ses règles, tandis que la loi 10/2004 sur le sol non urbanisable et la loi de la huerta imposent des conditions strictes : la parcelle doit faire au moins un hectare d'un seul tenant, et la surface constructible ne peut dépasser 2 % de la parcelle, soit 200 m² par hectare, le reste gardant son usage agricole ou naturel, selon Icasasecologicas et Leukos Architecture.
Pour les habitations déjà existantes, on peut faire des travaux d'entretien et d'amélioration, mais ni agrandir la surface au sol ni surélever le bâtiment. Les maisons isolées construites entre 1975 et le 20 août 2014 sur sol non urbanisable peuvent être régularisées via une procédure dite de minimisation de l'impact territorial, selon Regularizatucasarustica. Dans les zones couvertes par la loi de la huerta, seules les constructions prévues par le plan d'aménagement (PATODHV) sont autorisées, et la réhabilitation d'un bâtiment en ruine ne peut dépasser l'emprise au sol préexistante, avec une hauteur maximale de rez-de-chaussée plus un étage. Le décret-loi 4/2025 a toutefois ouvert de nouvelles exceptions, ce qui reste débattu.
Concrètement, vivre dans la huerta aujourd'hui passe surtout par l'achat ou la location d'une alquería déjà existante et régularisée, plutôt que par une construction neuve. Les barracas traditionnelles, elles, ont presque disparu : il n'en reste que 58 debout en 2026, contre près de 2 000 recensées au cadastre de 1929, à cause de matériaux périssables et de l'expansion urbaine, selon Cope. Pour une installation plus classique en ville, notre guide des 90 premiers jours à Valence couvre les questions de logement.
| Repère | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Parcelle minimale pour construire | 1 hectare d'un seul tenant | Icasasecologicas |
| Surface constructible maximale | 2 % de la parcelle (200 m²/hectare) | Icasasecologicas |
| Régularisation possible | Maisons isolées bâties entre 1975 et le 20/08/2014 | Regularizatucasarustica |
| Barracas encore debout en 2026 | 58, contre environ 2 000 en 1929 | Cope |
| Réforme de la loi de la huerta | Décret-loi 4/2025, validé le 20 février 2025 | Corts Valencianes / DOGV |
Questions fréquentes sur la huerta de Valence
La huerta de Valence est-elle un parc naturel ?
Non, ce n'est pas un espace naturel protégé au sens classique, mais un paysage agricole vivant, cultivé par des milliers de petites exploitations. Sa protection relève d'une loi régionale spécifique, la loi 5/2018 de la Huerta de València, et non du régime des parcs naturels.
Peut-on visiter la huerta et rencontrer des agriculteurs ?
Les sources consultées ne détaillent pas d'offre touristique officielle précise. Plusieurs zones, notamment autour d'Alboraya, sont néanmoins accessibles à pied ou à vélo, et certaines exploitations locales, dont des productrices de chufa, sont visibles depuis les chemins ruraux.
Pourquoi la loi de la huerta fait-elle autant débat en 2026 ?
Parce que le décret-loi 4/2025, qui a modifié la loi de 2018, a supprimé l'organe de gouvernance dédié (le Consell de l'Horta) et ouvert des exceptions à la construction sur des terrains jusque-là protégés. Le gouvernement régional invoque la crise du logement et les conséquences de la DANA, tandis que des collectifs comme Per l'Horta dénoncent un risque d'urbanisation non justifiée.
Est-il légal de construire une maison neuve dans la huerta protégée ?
En principe non, dans les zones couvertes par la loi de la huerta : seules les constructions prévues par le plan d'aménagement sont autorisées, et la réhabilitation ne peut dépasser l'emprise au sol d'origine. Le décret-loi de 2025 a introduit des exceptions ponctuelles, mais tout projet doit être vérifié auprès de la mairie et de la Generalitat avant tout achat ou travaux.
Sources (faits recoupés et réécrits, jamais copiés) : Consell de l'Horta de València, Université de Valence (chaire Horta-Valencia), UNRIC, Generalitat Valenciana, DOGV et Corts Valencianes (textes légaux), Valencia Plaza, Valencia News, El Independiente, Cope, Icasasecologicas, Leukos Architecture, Regularizatucasarustica, consultées en juillet 2026. Les chiffres clés (superficie de la huerta, surfaces touchées par la DANA, dates de la réforme légale, nombre de barracas restantes) ont été vérifiés sur ces sources.
Infos vérifiées en juillet 2026. Le cadre légal de la huerta évolue rapidement et fait l'objet de débats politiques en cours : vérifie la situation exacte d'une parcelle auprès de la mairie concernée et de la Generalitat Valenciana pour tout projet d'achat ou de construction. Cet article a été préparé avec l'aide de l'IA, puis recoupé, vérifié et relu par notre rédaction, qui en assume la responsabilité éditoriale.
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